Issu de l’espace religieux subsaharien avec les rites et rituels millénaires; le Voodoo (Vaudou) constitue de toujours la religion pratiquée par les habitants du golfe du Bénin notamment le Nigéria; le Bénin actuel; le Togo; le Ghana…. Ce terme voodoo englobe l’ensemble de divinités telles que Sakpata; Egoun; Oro; Hébiesso; Dan etc…avec un seul et même dieu; Mawu ou Mawun (chez les fons au Bénin). Le Voodoo désigne donc l’ensemble des divinités ou des forces invisibles dont les Hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l’affirmation d’un monde surnaturel; mais aussi l’ensemble des procédures permettant d’enter en relation avec celui-ci. Le Voodoo intimement lié entre le culturel et le cultuel est devenu indissociable de la traite négrière et c’est répandu par conséquent en Amérique, au Brésil et dans les îles Caraïbes.

Je m’intéresse en tant qu’artiste plasticien à ce que représente le vaudou aujourd’hui, dans chacune de ses zones d’influence, avec ses spécificités locales. Pour certains il est la religion endogène de l’africain de l’ouest en général et du béninois en particulier. Pour d’autres il représente un passé douteux, des valeurs archaïques, décadentes et stigmatisantes. Pour les descendants d’esclaves, il est une mémoire des origines perdues, ce qui a survécu à la porte du non retour de Ouidah.

En incorporant mes photos de terrain dans des fragments de murs Togolais et Béninois, je partage la culture vodun comme je l’ai ressentie, comme une religion pour initiés, un lien social populaire et festif, une résistance à un processus d’appropriation de l’Afrique : les corps avec l’esclavage, les terres avec la colonisation, les âmes avec l’évangélisation.

Au delà des rites, de l’histoire, des tabous, mes photos témoignent de la bienveillance des prêtres et adeptes dont j’ai croisé la route. Le vodun a beau être ce que l’on ne voit pas et qui n’apparait pas, il gagne à être connu.

Voodoo (voodoo), which originated in the sub-Saharan religious space with its thousand-year-old rites and rituals, has always been the religion practised by the inhabitants of the Gulf of Benin, particularly in Nigeria, present-day Benin, Togo, Ghana, and so on. This term voodoo includes all the deities such as Sakpata; Egoun; Oro; Hebiesso; Dan etc… with one and the same god; Mawu or Mawun (among the fons in Benin). Voodoo thus designates all the deities or invisible forces whose power or benevolence men try to reconcile. It is the affirmation of a supernatural world, but also the set of procedures allowing to enter in relation with it. Voodoo, intimately linked between the cultural and the religious, has become inseparable from the slave trade and is therefore widespread in America, Brazil and the Caribbean islands.

As a visual artist, I am interested in what voodoo represents today, in each of its zones of influence, with its local specificities. For some, it is the endogenous religion of West Africa in general and Benin in particular. For others it represents a dubious past, archaic, decadent and stigmatizing values. For the descendants of slaves, it is a memory of lost origins, which survived at the door of Ouidah’s no return.By incorporating my field photos in fragments of Togolese and Beninese walls, I share the vodun culture as I felt it, as a religion for initiates, a popular and festive social link, a resistance to a process of appropriation of Africa: bodies with slavery, lands with colonization, souls with evangelization.Beyond rites, history and taboos, my photos bear witness to the benevolence of the priests and followers whose paths I have crossed. The vodun may be what we do not see and which does not appear, but it gains to be known.

LES MURS DE BERLIN
En 1454, le pape Grégoire a publié une bulle légitimant auprès des rois catholiques l’esclavage perpétuel des païens, des sarrasins et des étrangers. En 1685, le code noir préparé par Colbert est une ordonnance qui légitime l’esclavage dans les îles alors qu’il est interdit en France métropolitaine depuis 1315.
En 1885, la Convention de Berlin, acte de division de l’Afrique entre les pays colonisateurs, légitime un tracé des frontières rectiligne et illogique. En 2020, beaucoup, à commencer par Hollywood, ignorent que tous les pharaons étaient noirs….noirs !

In 1454 Pope Gregory produced a bull legitimizing to the Catholic Kings the perpetual enslavement of pagans, Saracens and strangers. In 1685 the black code prepared by Colbert is an ordinance that legitimizes slavery in the islands whereas it has been forbidden in metropolitan France since 1315.
In 1885 the Berlin Convention, an act of division of Africa between colonizing countries, legitimizes a straight and illogical drawing of borders. IN 2020 many, starting with Hollywood, are unaware that all the pharaohs were black….black!

MAGIE BLANCHE

La magie blanche est utilisée pour faire le bien, elle convoque des forces occultes pour soigner et conseiller. Elle comporte en général des injonctions comportementales et sacrificielles. Le principe de beaucoup de rites religieux est de donner à son dieu ce qu’il y a de meilleur, la vie, donc le sang. A ce titre, la magie blanche est pointée du doigt par les partisans de la cause animale qui s’insurgent contre les sacrifices rituels des coqs, chèvres, et autres animaux.
Un courant moderniste chez les adeptes de la magie blanche demande le passage du sacrifice par le sang et la viande des animaux aux oblations avec des objets symboliques.

White magic is used to do good, it summons occult forces to heal and advise. It usually involves behavioural and sacrificial injunctions. The principle of many religious rites is to give one’s god the best, life, and therefore blood. As such, white magic is pointed at by animal rights activists who protest against the ritual sacrifice of cocks, goats, and other animals.
A modernist current among the followers wish the passage from sacrifice by blood and meat of animals to oblations with symbolic objects.
MAGIE NOIRE
La magie noire est l’ensemble des procédures magiques utilisées à des fins maléfiques ou égoïstes. Crée par des pratiquants pour se venger des esclavagistes, elle est célèbre pour ses sorts, poupées piquées d’aiguilles, zombies, potions….surtout en Haiti. Au Bénin, vous n’entendrez à priori pas parler d’un sort jeté entre africains, et le plus remarquable dans cette magie est sa puissance de diabolisation, sa façon d’accoler le mot noir à des pratiques terrifiantes et immorales.

Black magic is the set of magical procedures used for evil or selfish purposes. Created by followers to take revenge on slavers, it is famous for its spells, needle dolls, zombies, potions…especially in Haiti. In Benin, you won’t a priori hear about a spell cast between Africans, and the most remarkable thing about this magic is its power of demonization, its way of attaching the black word to terrifying and immoral practices.



MAGIE ROUGE
La magie rouge est un sous-ensemble de la magie blanche pour tout ce qui concerne la sexualité, l’amour, l’affection et la séduction. Elle n’est pas censée contraindre, et bien qu’elle soit la plus jeune des magies, elle existait déjà sous le nom de Magie de Cléopâtre. Le culte Vodun africain est caractérisé par l’importance de la lignée, un nouveau-né étant la réincarnation d’un ancêtre, ce qui conduit … à lutter contre l’adultère au féminin, une cause partagée avec la religion chrétienne. Ici, on peut entendre un prêtre déclarer dans un mariage que si la femme doit être fidèle, elle doit aussi être compréhensive car l’homme est « multiprise » et doit de temps en temps se brancher ailleurs.

Red Magic is a subset of White Magic for everything concerning sexuality, love, affection and seduction. It is not supposed to compel, and although it is the youngest of the magics, it already existed under the name of Cleopatra’s Magic. The African Vodun cult is characterized by the importance of lineage, a newborn being the reincarnation of an ancestor, which leads … to fight against adultery in the feminine, a cause shared with the Christian religion. Here you can hear a priest declare in a marriage that if the woman must be faithful, she must also be understanding because the man is « multi-socket » and must from time to time plug in elsewhere.
LE TÔ-LEGBA
Fétiche sur lequel sont versés sang et plumes, petit monticule en forme d’amas présent dans la plupart des maisons des adeptes. Legba est une divinité du panthéon vodun très présente aux carrefours, places, entrées de village…Il résume par le nombre de caractères qui peuvent lui être accolés la ressemblance entre les caractéristiques psychologiques des fétiches et celles des hommes : vodun du désordre, de la colère, de la méchanceté, de l’intelligence, de la ruse, gardien de la propriété, messager, justicier….
Fetish on which blood and feathers are poured, a small mound in the shape of a heap present in most of the houses of the followers. Legba is a deity of the vodun pantheon very present at crossroads, squares, village entrances… He sums up by the number of characters that can be attached to him the resemblance between the psychological characteristics of fetishes and those of men: vodun of disorder, anger, wickedness, intelligence, cunning, guardian of the property, messenger, vigilante….
LE CHAUDRON
Cet adepte aux pieds nus a effectué (au moins) l’aller et retour entre Ouidah et la porte du non retour, 8 km, sous un soleil de plomb, avec un chaudron fumant sur la tête, sans effort apparent. Si personne n’a pu m’expliquer son rite, personne n’en s’est montré surpris. C’est toute la personnalisation des rites qui s’exprimait dans cette apparition.
This barefoot adept has made (at least) the round trip between Ouidah and the door of no return, 8 km, under a blazing sun, with a smoking cauldron on his head, without apparent effort. If no one could explain his rite to me, no one was surprised. It is the whole personalization of the rites that was expressed in this apparition.
LA PORTE DU NON RETOUR
On ressort couvert de honte d’une visite à la Maison des esclaves et du passage de la porte du non retour, ainsi dénommé car les esclaves savaient en embarquant sur le bateau qu’ils ne reviendraient jamais. Beaucoup de descendants d’esclaves font le pèlerinage sur une des portes, à la recherche de la terre de départ de leurs ancêtres. Les tests ADN n’étant pas assez précis, leur quête reste le plus souvent vaine. Seule consolation : ils sont bien les seuls à ne pas avoir à se sentir coupable de ce crime contre l’humanité
A visit to the Slave House and the Gate of No Return, so called because the slaves knew when they boarded the ship that they would never return, inspire a total shame. Many descendants of slaves make the pilgrimage to one of the gates in search of their ancestral homeland. Since DNA tests are not precise enough, their quest is often in vain. The only consolation is that they are the only ones who do not have to feel guilty about this crime against humanity.
LA FEMME DANS LE RITE
Le 10 janvier à lieu à Ouidah, au Bénin, la grande fête vodun. Devant la porte du non retour une tribune officielle garnie de dignitaires assiste à une mise en scène de danses et rites. Les touristes et les médias sont en nombre, il faut payer pour prendre en photo un fétiche, cela gâche un peu la fête même si la plupart des participant.e.s semblent surmonter ce succès de curiosité.
On January 10, the big vodun festival takes place in Ouidah, Benin. In front of the door of no return, an official platform filled with dignitaries attends a staging of dances and rites. Tourists and the media are numerous, you have to pay to take a picture of a fetish, it spoils the party a bit even if most of the participants seem to overcome this success of curiosity.
15 HOMMES OU 21 FEMMES
15 hommes ou 21 femmes était le prix en esclaves pour une verroterie. Lors de la fête nationale vodun de nombreuses références à l’esclavage sont ritualisées par les adeptes, à commencer par le lieu de la cérémonie, sous la porte du non retour à Ouidah.

15 men or 21 women was the price in slaves for a glassware. During the national vodun holiday, many references to slavery are ritualised by the followers, starting with the place of the ceremony, under the door of no return to Ouidah.
APRÈS LA TRANSE
C’est le son des tambours qui est un déclencheur de la transe. En pleine fête, un homme qui dansait a soudain perdu le contrôle, et le cercle des touristes s’est très vite élargit! Le cri « vodun » à retentit, deux costauds ont surgit de nulle part et l’ont immédiatement plaqué au sol, et tout est reparti comme si de rien n’était. Quand j’ai relaté à mon guide cet évènement en lui disant que cet homme avait l’air possédé, il m’a répondu qu’il était enfin libre…
It’s the sound of the drums that triggers the trance. In the middle of the party, a man who was dancing suddenly lost control, and the circle of tourists grew very quickly! The shout « vodun » rang out, two strong men came out of nowhere and immediately tackle him to the ground, and everything started again as if nothing had happened. When I told my guide about this event and told him that this man looked possessed, he replied that he was finally free…
LE SENS DU RITE
Le mouvement typique de la danse vodun ressemble souvent à une sorte de squat auquel est associé comme un battement d’aile. A priori, ce n’est pas très gracieux, mais certain.e.s arrivent à transmuter le plomb en or!
The typical vodun dance movement often resembles a kind of squat with which a wing flapping would be associated. At first glance, it’s not very graceful, but some people manage to transmute lead into gold!
L’INITIÉ
ENTRE DANS L’HISTOIRE
Ce fragment de discours illustre le décalage symbolique entre colonisateurs plus ou moins repentis et ex-colonisés. Ce soldat de bois sur fond de mur rouge rappelle que certaines armées ne sont pas la pour protéger leurs peuples mais pour les asservir. Et que les clergés sont souvent plus enclins à dénoncer des immoralités plutôt que des crimes contre l’humanité..
This fragment of discourse illustrates the symbolic gap between more or less repentant colonizers and ex-colonizers. This wooden soldier on a red wall reminds us that some armies are not there to protect their people but to repress them. And that the clergy are often more inclined to denounce immoralities rather than crimes against humanity…
YOVO,YOVO….
Religion de réincarnation contre religion de résurrection, magie individuelle et secrète contre culte public et miracles divins, monothéisme contre panthéon, le vodun et la chrétienté n’ont guère en commun que les clous, et ceci explique peut être qu’aucun culte ne vampirise l’autre. Yovo,yovo, bonsoir, ça va bien?, merci! était la phrase que les enfants récitaient au passage des missionnaires afin d’obtenir des bonbons. Bonsoir au lieu de bonjour car plus facile à prononcer. C’est aujourd’hui encore une phrase qu’un photographe Yovo (le blanc) entend souvent au cours de la journée.
Aujourd’hui l’Afrique de l’ouest est terre de mission pour les évangélistes qui tentent une synthèse en reprenant les codes des fêtes vodun par leurs chants et danses et les codes chrétiens par les sermons moralisateurs. Un retour aux sources pour une religion née en 1901 au Kansas et considérée, à l’origine, comme une religion noire fortement influencée par les rites africains.
A religion of reincarnation versus a religion of resurrection, individual and secret magic versus divine miracles, monotheism versus the pantheon: voodoo and Christianity have only nails in common, and this may explain why neither cult vampires the other.
Yovo, yovo, good evening, how are you? thank you! was the phrase that the children recited as the missionaries passed by to get sweets. Good evening instead of hello because it’s easier to pronounce. It is still today a sentence that a Yovo (white) photographer often hears during the day.
Today West Africa is a missionary land for evangelists who try to synthesize the codes of the vodun feasts by their songs and dances and the Christian codes by the moralizing sermons. A return to the sources for a religion born in 1901 in Kansas and originally considered as a black religion strongly influenced by African rites.

LA FORÊT SACRÉE
Le vodun est aussi un systèmes de lois en phase avec la préservation du territoire : ne pénétrer qu’une fois l’an dans les forêts sacrés, ne pas pécher pendant les périodes de reproduction, apprendre les vertus médicinales des plantes locales.
Les nombreux interdits alimentaires et sociaux qui avaient cours pendant plusieurs mois avant la nouvelle année mettait toute la population sur un pied d’égalité et désamorçait les tensions.
The vodun is also a system of laws in phase with the preservation of the territory: to enter only once a year in the sacred forests, not to sin during the reproduction periods, to learn the medicinal virtues of the local plants.
The many food and social bans that were in place for several months before the new year put the whole population on an equal footing and defused tensions.

LA MAMBO
Dans les maisons des adeptes une ou plusieurs pièces sont réservées aux cultes et choisies selon le rite à observer. C’est en général l’ainé du groupe qui dirige les offices, ce qui n’est pas surprenant quand on connait le respect qui est du aux anciens en Afrique. Quand le ton monte entre deux personnes, la plus âgée a tout le loisir de calmer la plus jeune d’un simple rappel de son statut d’ainé
In the houses of the followers, one or more rooms are reserved for worship and chosen according to the rite to be observed. It is usually the oldest member of the group who leads the services, which is not surprising when one knows the respect due to elders in Africa. When the tone rises between two people, the older member has ample opportunity to calm the younger by simply reminding them of their status as elders…

LES JUMEAUX
Les jumeaux sont très importants dans le culte du vaudou, et de nombreuses cérémonies leur sont consacrées : « Les jumeaux ne meurent pas, ils sont allés chercher du bois de chauffage dans la forêt ». Ces êtres génétiquement et morphologiquement identiques sont vénérés dans la tradition africaine et considérés comme une divinité qui est venue vivre parmi les humains.
Twins are very important in the voodoo cult, and many ceremonies are dedicated to them: « Twins don’t die, they went to fetch firewood from the forest ». These genetically and morphologically identical beings are worshipped in the African tradition and considered as a deity who came to live among humans.
DIEU OU AMOUR ?
LES FETICHES
Les fétiches reçoivent le sang ou les mets d’un sacrifice pour être placés dans de bonnes dispositions face à une requête d’un adepte lors d’une consultation. Plus surprenant est de constater que petit verre d’alcool ou cigarette allumée sont souvent des offrandes de choix pour les fétiches, alors que visiblement peu d’adeptes fument ou boivent. Est-ce la part de vice qui humanise l’au-delà ou le rappel que nous sommes tous des condamnés, avec nos dernières volontés ?
Fetishes receive the blood or food of a sacrifice in order to be placed in good disposition in the face of a request from a follower during a consultation. More surprisingly, a small glass of alcohol or a lit cigarette are often the preferred offerings for fetishes, while apparently few followers smoke or drink. Is it the part of vice that humanizes the afterlife or the reminder that we are all condemned, with our last wills ?
L’APPEL DU VODUN
Au Bénin et au Togo le vodun est une religion endogène, et les habitants ne se cachent pas de la partie festive des rites, ouverte à tous. L’appel du vaudou, qui prend des heures, consiste en un tour de piste des prêtres qui agitent une sorte de plumeau blond en scandant une litanie d’appel au rythme des tambours avant de se rasseoir ou de danser. Pour les adeptes ou initiés c’est alors l’occasion de danse et chants, pendant la ronde des prêtres ou en dehors, la liberté est totale. De temps à autre un billet est déposé sur le front d’un prêtre et vite récupéré par un ou une assistante zélé.Personne ne boit ni ne fume, le gin, alcool des rites, est réservé aux dons, il sera utilisé plus tard…quand le rituel sera réservé aux initiés, et le photographe parti!


In Benin and Togo vodun is an endogenous religion, and the inhabitants do not hide from the festive part of the rites, open to all. The voodoo call, which takes hours, consists of a lap of priests waving a sort of blond feather duster while chanting a litany of calls to the rhythm of the drums before sitting down or dancing. For the followers or initiates it is then the occasion for dancing and singing, during the priests’ round or outside, the freedom is total. From time to time a bank note is placed on a priest’s forehead and quickly picked up by a zealous assistant.
No one drinks or smokes, the gin, alcohol of the rites, is reserved for donations, it will be used later…when the ritual is reserved for the initiates, and the photographer is gone!


FETE VODUN

Les danses rituelles du vodun béninois sont beaucoup moins érotisées que leurs homologues cubaines. Les serviettes brandies par les femmes servent à éponger le front des prêtres, pas à jouer les codes de la rumba. Et encore moins ceux de la salsa. La joie des adeptes est par contre similaire, de même que la participation de toutes les classes d’âge.

The ritual dances of the Beninese vodun are much less eroticized than their Cuban counterparts. The towels wielded by the women are used to mop the priests’ foreheads, not to play the codes of the rumba. And even less salsa. On the other hand, the joy of the followers is similar, as is the participation of all age groups

LA DANSE DU HUNON

Le hunon est en haut de la hiérarchie du clergé vodun. La légitimité cléricale se transmettant par le sang, c’est d’ailleurs avec une moue de condescendance que les prêtres issus de l’esclavage sont, ou plutôt ne sont pas, reconnus.
Les esclaves étaient capturés à l’intérieur des terres et les membres du clergé vodun n’étaient pas ou très rarement concernés. S’il est acquis que les royautés du bord de mer ont collaboré à la traite négrière, la position du clergé vodun durant cette longue période semble être un peu tabou.
Dans les plantations la pratique vaudou était interdite et la tradition s’est propagée oralement, secrètement, à partir de souvenirs qui ont muté au contact de l’apprentissage obligatoire du catéchisme. Cette situation à crée une sorte de complexe par rapport au culte de départ et la somme de culpabilités croisées ne facilite pas les échanges entre africains de souche et descendants d’esclaves. Je pensais le culte vodun comme un trait d’union, et ce n’est pas aussi simple.

The hunon is at the top of the vodun clergy hierarchy. Clerical legitimacy is transmitted by blood, and it is with a pout of condescension that priests born of slavery are, or rather are not, recognized.
Slaves were captured inland and members of the vodun clergy were not, or very rarely, involved. If it is accepted that the royalty of the seaside collaborated in the slave trade, the position of the vodun clergy during this long period seems to be somewhat taboo.
In the plantations the practice of voodoo was forbidden and the tradition spread orally, secretly, from memories that mutated in contact with the obligatory learning of the catechism. This situation created a kind of complex in relation to the original cult and the sum of crossed guilt did not facilitate exchanges between native Africans and descendants of slaves. I believed of the vodun cult as a hyphen, and it is not so simple.

LE BATTEUR
LE JEUNE PRETRE

Au cours d’une géomancie, quatre cauris sont lancés au sol à plusieurs reprises, chaque lancer donnant lieu à une interprétation. Les conseils donnés portent sur votre identité et votre altérité. Un bon prêtre équilibre les deux. Peu importe que vous croyiez le prêtre : si ses conseils ou les alarmes qu’il vous donne à la suite des jets résonnent en vous, il y a peut-être quelque chose à creuser…
Certains prêtres prétendent avoir été appelés par le vaudou, et il est fréquent de les entendre dire qu’ils n’avaient pas le choix ! Pour d’autres, issus de familles sacerdotales, il y a une valeur ajoutée à descendre d’un ancêtre prestigieux, voire déifié, et à devenir le gardien d’un temple ou d’un couvent, d’une communauté, voire d’une ville, un peu comme le système local de la royauté.

During a geomancy, four cowries are thrown to the ground repeatedly, each throw giving rise to an interpretation. The advice given is about your identity and your otherness. A good priest balances both. It doesn’t matter if you believe the priest: if his advice or alarms from the throws resonate with you, there may be something to dig into…
Some Priests claim to have been called by voodoo, and it is frequent to hear them say they had no choice! For others, those who come from priestly families, there is an added value in descending from a prestigious or even deified ancestor and becoming the guardian of a temple or convent, a community, or even a city, a bit like the local system of royalty.

LE FÂ
Le fâ est un art divinatoire qui se réalise à l’aide d’un chapelet à deux branches et seize combinaisons possibles par branche. Son langage symbolique se traduit par des traits simples ou doubles selon que les quatre demi-noix de chaque branche du chapelet retombent ouvertes ou fermées. L’ensembles des traits des deux branches forment la représentation figurative de chaque « Dou », les 16 signes-mères du Fâ. Par ailleurs chaque Dou du Fâ contient 16 vers qui expriment de façon lyrique et poétique une histoire sacrée des peuples yoruba ou adja, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette sur lesquels le devin va se baser pour interpréter l’oracle du Fâ et transmettre la réponse du Fâ à la question qui a motivé la séance. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible…

Fâ is a divinatory art that is realized with the help of a rosary with two branches and sixteen possible combinations per branch. Its symbolic language is translated by simple or double strokes according to whether the four half nuts of each branch of the rosary fall open or closed. The set of strokes of the two branches form the figurative representation of each « Dou », the 16 mother signs of the Fa. In addition, each Dou of the Fa contains 16 verses that express in a lyrical and poetic way a sacred history of the Yoruba or Adja peoples, which makes a total of more than 4096 verses that tell a mythological story, a tale, a song, a proverb, a riddle on which the diviner will base himself to interpret the Fa oracle and transmit the Fa’s answer to the question that motivated the session. A good diviner is supposed to have memorized as many as possible…
LE VODUNSI
Pendant l’appel du vaudou, le lien social festif tourne à plein régime, la liberté d’action des adeptes est flagrante, certains dansent, chantent, vont jouer du tam tam devant un ou plusieurs prêtres, prennent des photos ou des films avec leurs téléphones..tandis qu’en parallèle les choses sérieuse et secrètes s’organisent, dans un ballet lui parfaitement réglé.
During the call of voodoo, the festive social bond is in full swing, the freedom of action of the followers is blatant, some dance, sing, go and play the tam tam in front of one or more priests, take photos or films with their telephones…while at the same time serious and secret things get organized, in a perfectly tuned ballet.
LA PAUSE
L’INITIATION
LA DANSEUSE
LES LIEUX DE CULTES
Les religions chrétiennes et vodun coexistent souvent sans problème. Un fidèle béninois ira prier à l’église le dimanche matin, danser dans une fête vaudou l’après-midi, et consultera le hunon a chaque naissance de ses enfants. Ce qui est remarquable, c’est l’absence de localisation sur les plans des temples et couvents vodun, alors que ceux-ci sont en place depuis des générations, et que 80 % de la population se réclame de l’animisme
Christian and vodun religions often coexist without any problem. A Beninese believer will go to church to pray on Sunday morning, dance in a voodoo party in the afternoon, and consult the hunon at each birth of his children. What is remarkable is the lack of location on the maps of vodun temples and convents, even though they have been in place for generations and 80% of the population claims to be animist.

NB : C’est le thème Voodoo (Vodou) qui est utilisé au Nigéria; au Togo; au Ghana chez les Adjas; les Ewés; les Minas à l’exception des fons qui utilisent le terme Vodoun. C’est toujours le vocable Voodoo (Vodou) qui est utilisé également au Ghana et en Cote-d’ivoire par exemple.
It is the Voodoo (Vodou) theme that is used in Nigeria, Togo, Ghana among the Adjas, the Ewes and the Minas, except for the fons who use the term Vodoun. It is always the term Voodoo (Vodou) which is also used in Ghana and Cote d’Ivoire for example.